« Les sourcils sont l’ombrelle du regard. »Malcolm de Chazal
Modèle: Elisabeth L.

« Les sourcils sont l’ombrelle du regard. »
Malcolm de Chazal

Modèle: Elisabeth L.


The meeting of two musicians, one Argentine, one Japanese, in the countryside of Namur, Belgium.

Federico Durand
ownrecords.bandcamp.com/album/el-xtasis-de-las-flores-peque-as

Tomoyoshi Date
ownrecords.bandcamp.com/album/otoha


Cyklope, collectif photographique basé à Bruxelles (dont j’ai l’honneur de faire partie), a le plaisir de vous inviter à célébrer son amour de la photographie ce samedi 19 et dimanche 20 mai, dans le cadre du parcours d’artistes de Saint Gilles.

Samedi 19 mai de 14 à 22h:
Studio photo où vous pourrez vous faire tirer le portrait par les membres du collectif. Ce cliché vous sera offert (envoyé par mail le jour même).
Le Moeder Lambic se chargera de dégourdir nos papilles avec ses bières spéciales à la pompe à 2 euros.

Dimanche 20 mai de 14 à 23h:
Journée de clôture de l’exposition avec toujours le studio portrait.
Un brunch participatif de 12h à 15h, le principe est simple, vous apportez un ou des trucs à grignoter (pains, fromages, charcuteries, fruits, légumes, desserts, bonne humeur…), et on partage tout cela ensemble autour d’une grande table au cœur de l’exposition, avec au menu de la conversation, de la photo bien sûr!
Le Moeder lambic sera bien entendu à nouveau de la partie avec ses bières spéciales à 2 euros.
Et puis enfin le plus du jour sera le troc que vous pourrez proposer autour des tirages non-vendus lors de l’exposition. A votre disposition des post-it que vous collerez à côté de la photo de votre choix, vous y apposerez ce que vous proposez en échange! Un service, du baby sitting, votre vélo, le service à thé de votre grand-mère, des fleurs, un repas, votre amour éternel, … et bien entendu vos coordonnées pour vous contacter (téléphone/mail) … toutes les idées sont les bienvenues, soyez créatifs!! Le choix du troc final sera évidemment laissé au jugement du photographe. Celui-ci vous contactera pour établir le troc dans les jours qui suivent.

Voilà le programme de ces deux derniers jours pour l’exposition Babylon par le collectif Cyklope.
Mais cette dernière est également visible ce 12 et 13 mai de 14h à 19h.

On espère vous y voir nombreux, vous, vos amis et les amis de vos amis!
N’hésitez pas à partager cette vidéo, aidez-nous à rendre cet évènement haut en couleurs!

Le collectif Cyklope (Caroline DERSELLE, Sandrine DERSELLE, Jeremy JAVIERRE, Thierry SIEBRAND, Simon VANSTEENWINCKEL, Philippe VERNAEVE & Cédric VOLON ).


Alone, baby…

Il classe. Il défroisse.

Il choisit. Il agence. 

La tête renversée sur l’appui-tête, les yeux clos, il pousse une longue expiration enfumée. Sur l’écran noir de ses paupières, il recompose, de détail en hésitation, une vieille impression. Jaunie, cornée.

Il a huit ans. On est samedi… Dehors, une femme braille sur sa marmaille. Il ferme sa fenêtre…

Il a huit ans. On est samedi. C’est l’après-midi… Coup de volant, coup de klaxon, coup de gueule. Dans son rétroviseur, deux types s’empoignent. Il referme ses yeux…

Il voudrait quitter son maintenant. Se laisser submerger par le passé…

Mais les temps s’unissent et se brouillent.

Le tic-tac de la pendule du salon, la pluie qui tambourine son pare-brise, une constellation de poussière dansant dans le soleil, cette odeur de fraîcheur marine synthétique, le bourdonnement d’un mixer ou d’un scooter…

Il maintient ses yeux fermés, plissés, plus fort encore.

Il a huit ans. On est samedi. C’est l’après-midi. Il a la vie devant lui.

Porte à porte, son monde ne dépasse pas dix bornes. Maison, école, dans un sens et à l’envers.

Maman est dans la cuisine.

Son père n’est pas là. Sûrement là-bas, à lever le coude et ravaler ses déboires.

Le salon est à lui. Pour quelques heures, c’est son royaume. Entre ses deux oreilles, son univers est sans limite. 

Sous ses cuisses, la moquette drue lui picore le corps. Un sortilège de Kraken le Querelleur !  C’est sûr ! Mais il ne se laissera pas faire. Il va résister, lui prouver qu’il est digne de la mission qu’on lui a confié. 

Il va appeler son dragon à la rescousse et… Un bruit feutré mais net.

Couché, il ne voit que ses mollets épais et ses pantoufles beiges. C’est maman. Pas une femme, une épouse, une amie. Juste maman. 

Une fois encore, il lui dit. Par jeu, par habitude, par vœu. Tu l’auras maman, je te promets. Je te l’achèterai.  Une belle comme à la télé. Une Cadillac… Elle sourit…

Elle aura un beau foulard dans les cheveux et de grandes lunettes noires. C’est lui qui conduira. La tête jetée en arrière, elle rira très fort d’une de ses histoires, lui ébouriffera tendrement les cheveux, puis elle chantera avec la radio et jouera avec le vent, sa main par la fenêtre…

Mais faudra d’abord qu’elle enlève ses pantoufles…

Une belle Cadillac, rien que pour elle… C’est sûr !

Il ouvre les yeux. Il aimerait le faire plus lentement. Se raccrocher à cet après-midi d’il y a 40 ans. Laisser les filaments du passé sceller ses cils. Mais, d’un battement, il les envoie au loin. Sur ses lèvres, un rictus. Amer et fragile.

Ca ne sert à rien… Au loin, les graviers crissent. Il ne peut pas oublier… Dans sa main, sa roulée crépite. Où il est, qui il est… Au fil de ses cendres, ses espoirs s’échouent…

Il ne trompe personne. Pas même lui. Rien à perdre, rien qui prend forme. 

Il renifle. Une fois, deux fois. Il libère ses narines, renvoie le flux vers l’intérieur.  Fait pareil avec son cœur. Il augmente la température. Enfonce son bonnet, frotte ses mains, rallume sa cigarette.

Plus rien ne le réchauffe. Sauf cette grille qui lui brûle les doigts. Un bout de papier payé, coché.

Cette fois, peut-être. Y a pas de raison.

Sur le parking, une portière claque. Ses tempes battent. Son pied frappe.

En cadence, il les répète en boucle. 14-9-26-17-15-29.Un chapelet qui le porte, d’heures en jour, de jours en années.

Six chiffres avant qu’il ne soit trop tard. 14-9-26-17-15-29.

Six zéros pour un nouveau départ. 

Un pass pour la vie. Plus de matin sans pourquoi, de soir sans pour quoi.

Plus cette lourdeur qui lui étrangle le cœur et bétonne chacun de ses pas.

Contre une cabine, deux jeunes s’enlacent. Sa tête lance. Il s’élance.


• Texte de Christine Richard (énorme merci à elle)
• Photos de HaïkuDesign


« Toute route qui mène quelque part est mensongère. »Marc Gendron

« Toute route qui mène quelque part est mensongère. »
Marc Gendron


« Peut-on jamais savoir par où commence Et quand finit l’indifférence ?  »Serge Gainsbourg

« Peut-on jamais savoir par où commence Et quand finit l’indifférence ?  »
Serge Gainsbourg


« Au fond, est-ce que ranger ça ne revient pas un peu à foutre le bordel dans son désordre ? »Philippe Geluck

« Au fond, est-ce que ranger ça ne revient pas un peu à foutre le bordel dans son désordre ? »
Philippe Geluck


My worst enemy is my MEMORY.

My worst enemy is my MEMORY.


Par ces délassements sa noble inquiétude De ses justes desseins faisait l’heureux prélude. [Corneille, Attila]

Par ces délassements sa noble inquiétude De ses justes desseins faisait l’heureux prélude. [Corneille, Attila]


Vous en avez peut être fini avec le passé, mais le passé n’en a pas fini avec vous !

Vous en avez peut être fini avec le passé, mais le passé n’en a pas fini avec vous !